J'ai 5,76 kg de plus que la norme… et je suis en joie
Nous avons appris à redouter les chiffres qui montent.
Pourtant, certains méritent d'être célébrés.
Cette semaine, j'ai découvert les résultats de mon analyse de composition corporelle. Un chiffre a immédiatement attiré mon attention :
+5,76 kg.
Pendant une fraction de seconde, ce chiffre aurait pu m'inquiéter. Pendant des années, il m'aurait même probablement angoissée.
Mais cette fois, j'ai souri.
Car ces 5,76 kg de plus ne sont pas des kilos en trop.
Ce sont 5,76 kg de masse musculaire au-dessus de la valeur de référence !
Nous avons appris à craindre les chiffres qui montent
Pendant longtemps, le chiffre affiché sur la balance a occupé beaucoup de place dans ma vie. Comme beaucoup de femmes, j'ai entretenu une relation compliquée avec mon poids. La balance avait un pouvoir immense. Elle semblait décider, à elle seule, si j'avais « bien travaillé », si j'étais « raisonnable » ou si je devais culpabiliser.
Avec le recul, je réalise que je laissais un objet raconter mon histoire à ma place.
Ce qui a changé
Aujourd'hui, à 62 ans, mon regard a profondément changé.
Il est né d'un travail sur moi-même, d'une formation en gestion du poids qui m'a permis de comprendre combien notre rapport au corps est influencé par nos émotions, nos croyances et notre histoire.
Puis sont venues mes études de naturopathie et de nutrithérapie. Elles m'ont appris à regarder la santé autrement.
Peu à peu, j'ai cessé de vouloir contrôler mon corps.
J'ai commencé à vouloir le comprendre.
À partir d'un certain âge, les bons indicateurs changent
À partir de la cinquantaine, et plus encore après la ménopause, le poids devient un indicateur très imparfait.
Ce qui compte davantage, c'est de préserver sa masse musculaire, de soutenir son métabolisme, de protéger son capital osseux, de conserver une bonne hydratation cellulaire et, surtout, de conserver son autonomie le plus longtemps possible.
Mon analyse de composition corporelle effectuée cette semaine ne m'a pas seulement appris que ma masse musculaire était supérieure à la référence.
Elle m'a surtout montré que les efforts que je fais chaque jour vont dans la bonne direction.
Je n'ai pas fait de régime
Je n’ai pas fait régime. Ceux qui me connaissent savent que je suis une grande gourmande.
Je n'ai pas cherché la méthode miracle. C’est incompatible avec mon métier de naturopathe.
Je n'ai pas poursuivi un chiffre. Je suis plutôt une femme de lettres.
En revanche, j'ai appris à prendre soin de mes cinq corps.
Mon corps physique, grâce au vélo presque quotidien, au renforcement musculaire et à une alimentation plus riche en protéines.
Mon corps émotionnel, en apprenant à accueillir mes émotions et comprendre les besoins cachés derrière, plutôt qu'à compenser par la nourriture.
Mon corps mental, en remettant en question les injonctions qui m'ont accompagnée pendant tant d'années sur la ménopause, la féminité, la beauté, le vieillissement...
Mon corps énergétique, en cultivant ce qui nourrit mon élan vital.
Mon corps spirituel, en me reliant à ce qui donne du sens à mon existence.
Ce chiffre, +5,76 kg, raconte donc une tout autre histoire.
Il raconte des années passées à apprendre à écouter mon corps plutôt qu'à le combattre.
Il raconte un travail sur moi-même, une réconciliation avec mes émotions, un changement de regard sur mes croyances, une quête de sens, des formations en approche holistique et fonctionnelle de la santé… et, surtout, une nouvelle manière d’habiter mon corps.
Ce que j'aimerais transmettre aux femmes
La balance, certes, affiche toujours un chiffre. Mais ce chiffre ne définit pas notre valeur. Il n'est qu'une information parmi d'autres.
J'aimerais que davantage de femmes découvrent cette liberté et cessent de mesurer leur valeur en kilos.
J'aimerais qu'elles découvrent la joie de devenir plus fortes plutôt que simplement plus légères.
J'aimerais qu'elles comprennent qu'à 50 ou 60 ans, l'objectif n'est plus celui que l'on poursuivait à 25.
Et si nous changions de question ?
Au lieu de demander à notre corps :
« Combien pèses-tu ? », nous pourrions peut-être lui demander :
Es-tu fort ? Es-tu vivant ?
Me permettras-tu encore de marcher, de pédaler, de porter mes courses, de voyager, de danser dans vingt ans ?
Ce sont peut-être ces questions-là qui comptent vraiment.
Habiter pleinement son corps
Le plus beau chiffre de ma balance n'est pas celui qui descend.
C'est celui qui me permettra de rester libre de mes mouvements dans vingt ans.
“À partir d'un certain âge, notre objectif n'est plus d'occuper le moins de place possible.
C'est d'habiter pleinement notre corps.”
Salomé