Périménopause : vous n'êtes pas condamnées à subir

Nous vivons toutes des périodes où les repères qui nous semblaient les plus solides commencent à vaciller.

Vous dormez moins bien, votre patience s'amenuise. Vous cherchez vos mots, perdez le fil de vos pensées. Votre corps réagit autrement qu'avant. Vous vous surprenez à remettre en question des habitudes, des relations, parfois même des choix de vie.

Vous ne vous reconnaissez plus tout à fait.

Lorsque ces changements surviennent autour de la quarantaine ou de la cinquantaine, la périménopause mérite d'être envisagée. Mais il serait réducteur de tout attribuer aux hormones. La fatigue, le stress chronique, les événements de vie et certaines difficultés de santé peuvent se superposer aux changements hormonaux.

Distinguer ce qui relève de la périménopause, ce qui peut l'aggraver et ce qui nécessite une attention particulière est un premier pas essentiel.

La périménopause est une transition physiologique. La souffrance, elle, n'est pas une obligation.

La périménopause n’ explique pas tout

La ménopause n'arrive pas du jour au lendemain. Elle est généralement précédée de plusieurs années durant lesquelles le fonctionnement ovarien évolue et les sécrétions hormonales fluctuent.

Contrairement à une idée répandue, les œstrogènes ne diminuent pas selon une courbe régulière. Leurs variations peuvent être importantes, tandis que l'ovulation devient progressivement moins fréquente et moins prévisible.

Ces changements peuvent avoir des répercussions sur de nombreuses fonctions de l'organisme. Leur expression varie considérablement d'une femme à l'autre.

Mais attention à une tendance de plus en plus répandue : celle d’attribuer à la périménopause presque toutes les difficultés rencontrées par les femmes autour de la cinquantaine.

Une fatigue persistante peut aussi révéler un dysfonctionnement thyroïdien, une carence en fer, un problème de sommeil, un épuisement. Des difficultés de concentration peuvent avoir plusieurs origines. Les conditions de vie, les médicaments et certains facteurs environnementaux méritent également notre attention.

La périménopause peut faire partie de l'explication sans nécessairement en être l'unique cause.

Une femme n 'est pas une somme d' hormones.

Notre corps ne fonctionne pas comme une collection d'organes indépendants, chacun évoluant sans tenir compte des autres. Il forme un ensemble vivant, en interaction permanente avec son environnement.

La périménopause vient s'inscrire dans cet équilibre déjà complexe.

Comprendre ce qui se passe nécessite donc de regarder au-delà du seul statut hormonal, sans pour autant négliger les changements qui lui sont associés.

Ce qui est fréquent n' est pas forcément une fatalité

« C'est normal à votre âge. »

Combien de femmes ont entendu cette phrase lorsqu'elles évoquaient leurs difficultés ?

Le vieillissement et les transformations hormonales font partie de notre physiologie. Mais nous confondons trop souvent ce qui est naturel, ce qui est fréquent et ce qui doit être accepté sans discussion.

Des nuits perturbées pendant des mois, une fatigue qui empêche de fonctionner normalement ou des douleurs qui altèrent la qualité de vie méritent qu'on s'y intéresse, quelle qu'en soit l'origine.

À l'inverse, présenter la périménopause comme un passage obligatoirement difficile contribue à entretenir l’inquiétude. Certaines femmes la traversent sans problèmes particuliers, et leur expérience est tout aussi légitime.

L' homéostasie : cette remarquable capacité du corps à s'adapter

Il y a un aspect de notre physiologie qui me fascine : cette capacité de l'organisme à maintenir certains équilibres internes malgré les changements auxquels il est continuellement confronté.

C’est ce qu’on appelle l’homéostasie

J'aime cette intelligence du vivant, cette faculté permanente d'ajustement.

Mais notre organisme n'est pas tout-puissant. Ses mécanismes de régulation peuvent être mis à rude épreuve parce qu’ils dépendent de notre état de santé, de nos ressources et de nos conditions de vie.

C'est précisément ce qui nourrit mon regard de naturopathe holistique et fonctionnelle : chercher à comprendre ce dont l'organisme a besoin, ce qui peut entraver son fonctionnement et les moyens de soutenir sa santé.

Nous demandons parfois énormément à notre corps. Nous lui imposons des rythmes soutenus, des nuits raccourcies, du stress prolongé, des repas pris à la hâte. Et lorsqu'il manifeste ses limites, nous cherchons souvent comment le faire fonctionner comme avant.

Peut-être gagnerions-nous aussi à nous demander dans quelles conditions nous lui demandons de fonctionner.

Prendre soin de son corps, ce n'est pas lui demander de retrouver à tout prix son fonctionnement d'avant. C'est aussi lui donner davantage de ressources et apprendre à accompagner ses transformations.

De quoi avez-vous besoin aujourd 'hui ?

Voilà la question qui me paraît fondamentale.

Pas uniquement : « Quels sont vos symptômes ? » ou « Quel traitement souhaitez-vous ? »

Mais : « Qu'est-ce qui se passe dans votre vie ? Quelles sont vos ressources ? Qu'est-ce qui vous manque aujourd'hui ? »

Une femme aura besoin d'explorer médicalement les causes de sa fatigue. Une autre devra trouver des solutions à ses nuits perturbées. Une troisième ressentira le besoin de revoir son alimentation, son rythme de vie ou la place qu'elle s'accorde au quotidien.

Plusieurs besoins peuvent coexister et évoluer au fil du temps.

Je ne crois pas aux réponses toutes faites à une période de vie qui se décline en autant d'expériences qu'il existe de femmes.

Et je ne vois pas non plus d’intérêt à opposer les approches médicales, psychologiques, nutritionnelles ou complémentaires. Chacune possède son champ d'intervention, ses indications et ses limites.

L'important est de rechercher des réponses pertinentes, fondées sur les connaissances disponibles et adaptées à la situation de chaque femme.

La bonne question n'est jamais de choisir un camp. C'est de comprendre de quoi cette femme a besoin à cet instant précis.

Et de lui permettre de participer pleinement aux décisions qui concernent sa santé.

Retrouver sa souveraineté, c' est aussi s' autoriser à vivre autrement

Au-delà des transformations physiologiques, la périménopause survient souvent à un âge où d’autres changements traversent leur existence.

Les enfants grandissent, les parents vieillissent, les relations évoluent. Des projets longtemps différés refont surface. Certaines habitudes ou responsabilités ne nous conviennent plus.

Ces questionnements ne sont pas provoqués automatiquement par les hormones. Mais leur rencontre avec une transition physiologique peut devenir particulièrement déstabilisante.

On peut alors avoir l'impression de ne plus être celle que l'on était.

Je préfère envisager une autre possibilité : vous êtes peut-être en chemin vers celle que vous souhaitez réellement devenir.

Cela n'implique pas de tout bouleverser ni de transformer chaque difficulté en opportunité. Certaines femmes souhaitent simplement retrouver leur bien-être, sans éprouver le besoin de réinventer leur existence.

D'autres ressentent l'envie de réexaminer leurs priorités, leurs choix, la place qu'elles occupent et celle qu'elles aimeraient prendre.

Dans mon travail de doula de transition, j’accompagne précisément ces passages où les anciens repères ne suffisent plus et où de nouvelles possibilités commencent à émerger.

C'est ici que l'écriture peut prendre une place précieuse. Elle permet de déposer ses pensées, de prendre du recul, de reconnaître ses besoins et de distinguer ce que l'on souhaite préserver de ce que l'on aimerait transformer.

Elle nous aide à redevenir autrices de notre histoire. Et c'est, à mes yeux, une dimension essentielle de la souveraineté.

Être souveraine ne signifie ni tout contrôler ni devoir se débrouiller seule, mais pouvoir faire des choix éclairés, écouter ses besoins, demander de l'aide et décider plus consciemment de la manière dont on souhaite vivre.

Aucune femme ne devrait être sommée de faire de sa ménopause une expérience de transformation personnelle. Mais aucune ne devrait non plus être enfermée dans un récit de déclin et de résignation. La ménopause fait partie de notre histoire biologique. Elle n'a pas à définir toute notre histoire personnelle.

Nous ne sommes pas obligées de vivre cette étape comme on nous l'a racontée.

C'est autour de cette conviction que j'ai imaginé Ménop'Ose EVEIL, un programme d’accompagnement en ligne qui réunit compréhension du corps, approche holistique de la santé, introspection et écriture.

Une invitation à traverser cette transition avec davantage de conscience, à transformer ce qui peut l'être et à transmettre aux générations suivantes d'autres récits de la ménopause.

Pour découvrir cette démarche, vous pouvez rejoindre la liste d'attente de Ménop'Ose EVEIL. Un quiz interactif vous y attend pour commencer à explorer quelques idées reçues sur la ménopause.

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